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25.03.2008
La bataille de Bulgnéville
Bulgnéville ,petit bourg de l’ouest vosgien, fut en 1431 le théâtre d’une bataille opposant René d’Anjou duc de lorraine au compte Antoine de Vaudémont. Ce dernier est le neveu de l’ancien duc Charles II, et par cette parenté refuse toute allégeance à René. Des lors une guerre de succession va opposer les deux hommes.
Pour cela René d’Anjou va réunir des soldats de Lorraine, du Barrois ainsi que des troupes formées en Bavière, soit 12000 hommes. Parmi ses alliés on compte le capitaine Barbezan envoyé par le roi de France. De son côté Antoine de Vaudémont réunit une armée composée de quelques lorrains, de bourguignons commandés par le maréchal Toulongeon, d’aventuriers anglais et picards, soit 6000 hommes. Pour en finir le duc de lorraine décide d’attaquer Vaudémont la capitale du compte Antoine. Forts de leur artillerie les lorrains cernent la place forte malgré une forte résistance et empêchent tout mouvement de troupe. Le comte de Vaudémont qui cherchait des alliés en Flandre revint en toute hâte à Joinville, ou son épouse la comtesse d’Harcourt avait en son absence réuni des renforts. De son côté le maréchal Toulongeon avec ses troupes bourguignonnes attaque et ravage le barrois terre du duc René. Celui-ci se sent obligé d’intervenir et laisse le commandement du siège à Hennement de Lenoncourt. L’armée lorraine part en Barrois et libère le pays des pillards. Voyant l’avancé rapide de René d’Anjou, le compte de Vaudémont et le maréchal feignent une retraite afin d’attirer le duc dans un lieu avantageux. Ils s’arrêtent le 29 juin à proximité de Bulgnéville et du ruisseau de l’Anger sur un emplacement favorable en position de bataille. L’armée de René excédait celle du compte Antoine, au point que les bourguignons pensaient à une retraite vers la Bourgogne pour y chercher des renforts. Mais les troupes de lorraine arrivent à l’horizon. Les anglais influencèrent Vaudémont pour une bataille sans cavalier avec seulement fantassins et archers. Les hommes de Vaudémont creusèrent un fossé autour du camp et installèrent des pieux et des chariots pour protéger les archers, les arbalétriers ainsi que l’artillerie. (Tactique anglaise lors de la guerre de 100 ans)
Arrivé sur les lieux, René décide tout comme la plupart des seigneurs lorrain de porter une attaque éclaire et massive. Seul Barbezan, capitaine d’expérience, juge le camp inattaquable. Mais sous la pression il accepte et demande à être au devant de l’armée.
C’est au matin du 2 juillet 1431 que débute la bataille, les deux armées sont en place et chaque adversaire motive ses troupes, lorsqu’un incident peu commun arrive. L’apparition d’un cerf qui, sorti des forêts voisines s’arrête brusquement entre les deux armées, les observe un temps puis s’enfuit dans les rangs lorrains, ce qui provoque le désordre. Voyant cela le duc ordonne l’assaut de ses 12000 soldats. Le compte de Vaudémont et ses hommes le prirent comme un présage de dieu. Le choc est rude et les lorrains percent les défenses d’Antoine de Vaudémont mais chaque armée maintient sa position. Les pieux et les chariots sont abaissés pour permettre à l’artillerie et aux archers anglais de pilonner de front l’armée ducale, massacrant les lorrains sous une pluie de projectiles. Les fantassins anglais et bourguignons profitent du désarroi adverse pour attaquer les flancs de l’armée de Lorraine l’empêchant de se protéger de l’artillerie de Vaudémont. Dans cette déroute Barbazan (âgée de 71 ans !!) combat avec courage mais il est atteint d’une flèche à proximité de l’Anger. Il est probable que Barbazan mourant a été transporté à Bulgnéville dans la rue qui porte aujourd’hui son nom. Le duc René qui combat avec vaillance est obligé de se rendre voyant ses derniers hommes massacrés. C’est une victoire inattendue du comte Antoine de Vaudémont qui fit entre 1200 et 3000 mort dans le camp du duc et seulement 400 morts pour Vaudémont. Antoine pense avoir gagné le duché mais plusieurs mois après, l’empereur Sigismond du Luxembourg s’y opposa. Quant à René il est emmené par le maréchal Toulongeon à Dijon comme prisonnier jusqu’au règlement d’une rançon. Plus tard René d’Anjou laissera tomber la lorraine, car par l’héritage de son frère, il deviendra roi de Sicile, roi de Jérusalem, comte de Provence et duc d’Anjou.

Seul vestige de la bataille, une stèle située sur le pont Barbazan à proximité de Bulgnéville, rend hommage au courageux capitaine.
J.E
23:08 Publié dans Histoire, culture et identité vosgienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la bataille de bulgnéville, barbesant, bulgnéville



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